Morue, mais pas muette!

Aujourd’hui, point de couture, ni de tricot, mais une réaction face à une affaire qui pourrit la blogosphère couture depuis quelques mois… L’affaire Aime comme Marie.

Morue_canada
http://www.1jour1sourire.fr/actualites/546-la_morue_canadienne_fait_son_retour

Je n’ai pas l’habitude d’écrire des billets d’humeurs, mais là, il y a trop d’éléments qui me dérangent pour que je continue à me taire.

Avant tout, je n’écris pas dans un objectif de lynchage ou d’acharnement sur l’entreprise. Mais étant donné que Aime comme Marie a fait sa place dans le marché des loisirs créatifs par le biais des blogs, il est normal que quand il y a un stut*, les blogs relaient l’info aussi!.

Mais que s’est-il passé?

Fin janvier, Vicomte de Boisjoly sortait une bombe, preuves à l’appui : Certains patrons de la marque Aime comme Marie seraient des plagiats de patrons pré-existants. Pour le prouver, elle a superposé les pièces du modèle M comme Mythique avec la chemise 105 du magazine burdastyle de septembre 2009. Elle a effectué la même démarche avec les pièces du modèle M comme Mister avec la chemise 1D de Ryuichiro Shimazaki. Si vous voulez voir ce que ça donne, je vous invite à consulter cet article ainsi que celui-ci. Edit du 26-04 : Un nouvel article avec une nouvelle comparaison de patrons a été publié aujourd’hui. Il s’agit de M comme Mulpep et la robe 122 du magazine Burdastyle de juin 2012.

Personnellement, j’ai trouvé les preuves convaincantes. Maintenant, je peux comprendre que tout le monde n’adhère pas…

Pourquoi ça me dérange?

Ben oui, après tout, de quoi je me mêle? Je n’ai cousu qu’un seul patron de l’entreprise (M comme Méhari) et n’ai pas du tout apprécié ni la coupe, ni l’objet patron, ni les explications. D’ailleurs vous ne verrez jamais ce que j’ai cousu tellement c’était raté. Bref, ce n’est pas une marque de patrons qui me botte, mais ça ne regarde que moi.

Ce qui me dérange, c’est d’abord le silence de l’entreprise au départ de la polémique: alors que Vicomte de Boisjoly disait dans ses articles qu’elle avait envoyé ses arguments en faveur du plagiat bien avant de les publier à Aime comme Marie, celle-ci n’a daigné donner une réponse (à mon avis très édulcorée et langue de bois) à ses clientes qu’après presque une semaine de silence. Et quand des consommateurs posent une question à un vendeur, je trouve que la moindre des choses est de donner une réponse franche, sinon le client se sent floué.

Ensuite, alors que j’aime le partage sur internet, l’émulation de créativité qui en ressort, j’ai peur que ce genre de pratique (même si elle n’est que suspectée) face peur, et que chacun recule et garde ses œufs cachés dans son panier sans plus rien oser montrer. Je suis sans doute naïve, mais j’aime croire qu’on peut partager un tuto ou n’importe quoi d’autre sans se le faire voler.

Enfin, la patronne de la société Aime comme Marie a tenté un musèlement, à grand coups d’avocat, des blogueuses: d’abord Vicomte de Boisjoly, qui a mis le feu aux poudres, ensuite Saki et Tasticottine qui  avaient réagi. Je n’ai rien contre la riposte, qui est légitime quand on se sent attaqué. Mais il faut savoir qu’au lieu de contacter directement les intéressées, qui auraient pu à leur tour argumenter et se défendre, les mises en demeures ont été envoyées aux hébergeurs, qui n’en ont sûrement rien à secouer du comment et du pourquoi du bazar et qui obligent les auteures à obéir sans autre forme de procès. Cette mise au silence m’écœure. Mais il présente l’avantage de redonner un grand coup de pied dans la fourmilière. Et de faire fleurir des articles un peu partout

Et pour finir…

Alors oui, il y a des choses 1000 fois plus graves, oui, ce ne sont au final pas mes oignons, oui, je pense que tout le monde a droit à l’oubli, non, je ne suis pas favorable à n’importe quelle forme de lynchage. Mais je me dis que j’aurai pu acheter l’une de ces chemises (j’ai d’ailleurs été à deux doigts de commander le modèle pour homme). Et qu’en tant que consommatrice, j’aurai vraiment aimé avoir une réponse franche et avoir le droit d’exprimer mon avis, sans être censurée.

Je rejoins donc le banc des morues et affirme mon soutien aux blogueuses attaquées et censurées.

Je vous invite à lire les 90 pages de discussions et de débat dur le sujet ICI.

*(belgicisme pour dire un couac)

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4 réflexions sur “Morue, mais pas muette!

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